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dancing|actingwithAnneMariePorras, the Real Beginning !                         One more piece with AnneMarie 

Les tout débuts - Danser avec Anne Marie Porras
(mon «  Premier Grand Saut »)


Nous sommes en 1974, j’ai donc vingt deux ans et quelques mois. Je suis inscrit en deuxième année de Pharmacie á l’université de Montpellier et l’insupportable professeur de mathématiques de mon année m’annonce qu’il me faudra me représenter aux examens de Septembre si je veux passer en troisième année.
La pharmacie n’était pas ma grande passion et j’avais choisi de suivre cette voie uniquement avec l’intention, en fin d’étude, de me spécialiser en Océanographie avec le grand désir d’aller découvrir la mer avec Jean-yves Cousteau. Pourquoi passer donc par la Pharmacie au lieu de suivre directement la faculté des sciences?
Il m’avait été conseillé de le faire pour avoir une meilleure formation en biochimie et chimie organique.
…………

N’ayant pas l’intention de me retrouver une année de plus dans ce lieu de perdition, j’avais envoyé une demande d’inscription á l’école d’ingénieur de Montréal au Québec.
J’avais pris soin de collecter de bonnes lettre de recommandations de mes anciens professeurs de la faculté des Sciences de St. Charles á Marseille où j’avais fait mes deux premières années de DEUG.
J’étais bien inscrit á Marseille, mais en fait ces deux premières années de DEUG ne s’étaient pas passé á Marseille. Je ne sais plus pour quelle raison, mais les étudiants qui désiraient faire leur DEUG en Maths-Physique-Chimie avaient la possibilité de le faire dans les locaux de la Faculté de Lettres de Aix-en-Provence. Les professeurs enseignants pour ce projet étaient assez particuliers. Très décontractés et peu soucieux du protocole, il est bien possible que le rectorat ai choisi de les mettre un peu á l’écart des bâtiments principaux…
J’avais quitté la fac de Sciences de Marseille/ Aix depuis deux ans, pour aller en pharmacie á Montpellier, et je suis certain que ces chers professeurs n’avaient aucun souvenirs de moi. Mais comme ils était des anciens « soixantuitars » plein de compréhension pour les choses de la vie, j’avais obtenu mes lettres de recommandations sans problèmes.
C’est ce qui m’avait permis d’être accepté au Québec et je me trouvais donc dans la situation où il me fallait prendre une décision sur mon avenir avant la fin de l’été.

C’est avec ces préoccupations dans la tête que je pénétrais dans le Café Ya’mieux, bar bien connu des étudiants de la ville de Montpellier. Le Ya’mieux était juste á coté du Ya’bon qui avait ouvert quelques mois avant.
Un ami dont j’ai oublié le nom me fait signe de venir m’assoir á la table où il se trouvait avec une bande de jeunes bien sympathiques. Il me présente á ses amis qui sont tous des danseurs et danseuses amateurs, membres d’une petite compagnie de danse Jazz. C’est ainsi que je fais la connaissance de Anne Marie Porras, directrice du studio de danse modern jazz Dialogue et de sa petite compagnie du même nom.
- « que faisons nous comme danse ? hé bien si tu n’as rien á faire demain viens donc voir un moment nos répétitions. Nous sommes en train de préparer notre spectacle de fin d’année et comme cela tu pourras voir ce que nous faisons comme danse ».
Et voilà, c’est avec cette proposition que toute l’aventure débuta…
Mes cours á l’université n’étant pas ma première préoccupation, j’avais beaucoup de temps á ma disposition et ma première visite au studio le lendemain fut suivie d’une suivante le sur-lendemain et ainsi de suite tout les jours de la semaine.
Après quelques jours de présence en tant que spectateur, Anne Marie Porras me propose de suivre un cours débutant. Cours qui lui aussi fut suivi par quantité d’autres jusqu’á ce que Anne Marie me propose de suivre la compagnie en tournée pendant l’été. Il s’agissait de quelques spectacles dans des lieux balnéaires, et il m’était proposé d’aider á installer la technique des lumières et surtout de danser un petit ballet avec le groupe. Ce petit ballet était bien sùr très simple et je l’avais beaucoup répété au travers des cours que j’avais pris.

 C’est pendant cette tournée qu’il me fallait prendre la décision concernant mon avenir d’étudiant. Mes parents attendaient impatiemment ma décision pour pouvoir se rassurer quand aux chances d’avenir de leur cher fils..
Inutile de dire que le dilemme fut énorme. Il y avait la possibilité de travailler et passer mes examens de Septembre pour aller en troisième année de Pharmacie, ou bien déménager au Canada pour entrer dans cette école d’ingénieur, ou bien…

C’est ainsi que après  plusieurs nuits blanche et surtout après une discussion avec une personne rencontrée en cours de tournée á qui j’avais fait par de mes soucis, que je pris a décision d’essayer de me lancer dans la danse…
Je n’osais pas imaginer qu’elle serait la réaction de mon pauvre papa, et j’en parlait tout d’abord á ma mère. Comme toute les mamans elle me tranquillisa et me dit que si telle était mon choix, il ne fallait pas avoir peur de le dire á mon père.
Je ne me souviens plus exactement des circonstances du jour où j’annonçais la chose á mon père, mais je me souviendrais toute ma vie de sa réponse. Sa réponse ne fut pas immédiate, et après qu’il ai été informé, il me fallut attendre un ou deux jours pour qu’il me fasse part de sa décision.
Un ou deux jours plus tard donc, il me dit:

« - tu peux imaginer que tout cela me rend bien triste et soucieux et ce n’est pas de gaité de coeur que je dois accepter ton choix. Mais je te propose de continuer pendant cette année qui débute de te soutenir financièrement comme si tu continuais tes études. L’année suivante je ne te donnerais que la moitié de ce que je te donne mensuellement et il en sera ainsi l’année suivante avec la moitié de la moitié jusqu’á que tu te dérouilles tout seul. »
Connaissant mon père et ce qu’il pensait du métier d’artiste et surtout du « métier »
de danseur, j’avoue que, encore aujourd’hui je suis plein d’admiration pour la proposition qu’il avait choisi de me faire. Décision qui lui avait certainement beaucoup couté sur le plan émotionnel et demandé beaucoup de raison. Je savais aussi qu’il me fallait être bien reconnaissant á ma maman pour le grand travail qu’elle avait réalisé pour amener mon père á tant de flexibilité.

Je disais donc que nous étions en septembre 1974. Je venais de faire mon «  Premier Grand Saut » et je commençais ma vie de danseur en entrant par la toute petite porte.

Je prenais le maximum de cours de danse chez Anne Marie et, pour améliorer mes fins de mois, je donnais des cours de danse á des enfants ou bien á des débutants encore plus débutants que moi. C’est d’ailleurs ce que j’allais faire pendant toute ma formation de danseur jusqu’á que je sois engagé dans une compagnie.

Anne Marie est vite devenue ma « p’tite soeur » et moi son « p’ti frère". Si on me demande ce que Anne Marie m’a apporté de plus important pour ma carrière de danseur, je dirais qu’elle m’a profondément aidé á croire que je pouvais devenir un danseur. Elle a ce don de faire danser les gens et de leur donner le sentiment qu’ils sont nés pour cela.

Ce fur une période magique. Philippe Valentin, Michel Bouguin et moi-même avons emménagés dans un appartement commun qui avait pour nom « le Sous-marin ».
Michel était kinésithérapeute, je donnais des cours particuliers de Maths et Physique, en plus des cours de danse, et Philippe arrondissait ses fins de mois en faisant la plonge dans un restaurant de la ville. Il avait raconté aux cuisines qu’il avait deux gros dobermans chez lui ce qui expliquait pourquoi il récoltait les restes de plats non servis pour les amener au « Sous-marin ». Bien sur les deux dobermans s’appelaient Jean et Michel et une fois bien présentés, les plats ne différaient en rien de ce que le restaurant servait á ses clients. Nous nous sommes régalé pendant un an.

C’est á l’occasion d’un spectacle de Dialogue que je rencontre Hervé qui va devenir un ami très cher. Hervé est l’exemple même d’un enfant de la Danse qui se révèle tardivement et qui effectue une très belle carrière. Son parcours fera de lui un danseur et chorégraphe important dans la danse moderne en Fance.

 Par la suite, la venue de Jörg Lanner et Lise Pinet á Montpellier nous permettra á tous de faire nos débuts en cours de danse classique.
Jörg et Lise étaient deux danseurs anciens de la célèbre compagnie « les Ballets du XXième. siècle » de Maurice Béjart. Ils étaient particulièrement connus pour leur magnifique prestations dans le « Roméo et Juliette » que Maurice avait chorégraphié pour eux.
Il avaient quitté la compagnie et avaient choisi d’ouvrir une école de danse dans la ville natale de Lise.
Nous étions tous des passionnés de la danse et les histoires que Jörg nous racontait sur les débuts de la compagnie de Béjart au Studio Wacker á Paris étaient fascinantes. Quelques mois plus tard, la compagnie de Maurice Béjart n’avait plus aucun secret pour nous et une grande amitié était née entre Jörg et moi.

Après mes deux première année de danse, en 1976, Anne Marie me donne la possibilité de proposer le sujet et le script de la prochaine pièce de la compagnie. Anne Marie fait les chorégraphies mais nous laisse beaucoup de liberté pour tout les domaines de la création. La pièce s’appellera « Tu rêves,..viens.. »; puis, un an plus tard, en 1977, suivra « Odyssée ».

C’est dans cette atmosphère jeune et enthousiaste que petit á petit nous avons découvert le monde la danse et son histoire. Á travers les rencontre avec des danseurs et professeurs internationaux que Anne Marie invitait pour des stages, les anecdotes que Jörg nous racontait sur la compagnie de Maurice Béjart, les spectacles qui étaient au programme des théâtre de Montpellier, et mes lectures sur l’histoire de la danse, je fis mon propre programme d’étude.
Petit á petit vint la conscience que, en dehors de notre petit monde protégé, existait le monde de la danse professionnelle que je nommerais plus tard la « jungle dansante ».
Hervé qui était devenu en très peu de temps un danseur de bon niveau technique obtint son entrée dans la belle école de danse de Mudra, mise en place á Bruxelles par Maurice Béjart.
Et un jour, l’occasion de faire le grand saut pour moi aussi, se présenta. Le théâtre de St.Gallen en Suisse allemande cherchait des danseurs pour la mise en scène de la comédie musicale « West-Side Story ».
Le chorégraphe était le chorégraphe du Paradis Latin, un cabaret bien connu á Paris.
Philippe et moi nous somme présentés á une audition spécialement organisée pour nous en Autriche, dans le salon privé de la maison de vacances du chorégraphe!…
Cette audition fut simplement une formalité, et nous avons été pris tout les deux. Philippe serait un « Jet » et moi, avec mon teint basané, un « Schark ».

Je commençais donc ma première expérience de danseur professionnel avec un salaire et un contrat pour la période du mois d’Août 1977 au mois de Novembre 1977.
St. Gallen est une toute petite ville dans le Appenzell et la programmation de son théâtre est du niveau du petit théâtre de province. Ce qui finalement convenait parfaitement pour nos débuts professionnels.
Tony était interprété par le petit ami du chorégraphe, et Maria était une belle femme bien en chair qui dominait son prétendant d’une bonne tête. Les choses tournaient parfois un peu á la parodie, comme par exemple la manière dont fût réglé le problème suivant. Les Scharks étaient tous de bons danseurs, mais de piètres chanteurs. Ainsi il fut demandé á quelques chanteurs du choeur du théâtre, de nous soutenir sur le plan vocal pour notre première entrée en scène qui devait être puissante visuellement, mais aussi vocalement.
La mise en scène avait prévue de faire entrer les « Scharks chantants» assis sur un mur sur roulettes qui serait poussé par des assistant de scène cachés á la vue du public. Les chanteurs du choeur devaient donc entrer aussi caché derrière le mur et se dépêcher tout en chantant ce qui n’était déjà pas facile, et encore plus difficile pour des personnes âgées et pas particulièrement mobiles et agiles… Je me souviens encore des jurons que nous, les Schark assis sur le mur pouvions entendre pendant cette entrée en scène épique.
Ce fut une magnifique expérience et le fait d’être, pour la première fois de notre vie, payé pour danser était le summum.

 J’avais prévu de faire mon déménagement á Paris dès mon retour de St.Gallen. Après mon « Premier grand Saut » qui fut le fait de décider de quitter l’université pour me lancer dans la danse, venait « mon Deuxième Grand Saut » pour essayer de parvenir á m’introduire dans le monde professionnel de la "jungle dansante".
Nous étions en Novembre 1977.